De l’aspect uchronique des Chants de Nüying, et autres petites choses.

Dans sa chronique de mon roman Les Chants de Nüying, le blogueur Weirdaholic développe une analyse littéraire qui m’a inspiré quelques réflexions. Merci à lui, au passage, pour cette belle critique !

Dans son billet, Weirdaholic vous met des liens vers des articles tout aussi intéressants, dont celui sur la théorie narrative d’Ursula K Le Guin sur la « fiction panier ». https://weirdaholic.blogspot.com/2022/09/un-art-consomme-de-lillusion.html

Il y aurait beaucoup, beaucoup à dire sur la forme narrative et ce que ça révèle des récits dans lesquels nous baignons et qui impriment leur forme à notre inconscient.

Je me souviens d’une masterclass de John Truby, l’auteur de « Anatomie du scénario », où il disait que l’époque allait changer, que la société évoluait et qu’il y avait une tendance de fond où l’on verrait émerger de plus en plus de récits relevant de mythes « féminins », plutôt que ceux, toujours dominants, et « masculins ». On pourrait en discuter pendant des heures !

Pour l’asio (ou asia ? ) futurisme, je ne le revendique pas, mais il est vrai que j’écris avec tout mon « être », et donc avec mes questionnements sur ma double identité culturelle.

Avec Quitter les monts d’Automne, je me suis penchée sur un classique de la littérature japonaise, le Dit du Genji. Cette exploration m’a menée à d’autres explorations, vers le bouddhisme et ses multiples expressions, et de ces réflexions est née la question qui est à l’origine de l’univers de Brume, dans Les Chants de Nüying.

L’histoire de Brume commence dans un présent parallèle au nôtre, en 2563. C’est-à-dire en 2020 (l’année où j’ai commencé à écrire ce roman), dans le calendrier bouddhiste. (infos ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Calendrier_bouddhiste). La question de base a été : « Et si la science avait suivi une autre voie que celle de notre modernité actuelle, serions-nous là où nous en sommes, dans cette impasse écologique et systémique qui est tout le drame de notre époque ? »

Rien de moins certain…

Mais on pouvait imaginer une évolution légèrement divergente.

D’après certains spécialistes, la Chine antique a fait de nombreuses découvertes scientifiques, mais elle n’a pas connu de révolution scientifique proprement dite, comme cela s’est passé en Occident, car dans leur culture et leur vision du monde, la science ne s’était jamais coupée, abstraite, de la religion et du pouvoir politique. Bien sûr, aujourd’hui, dans notre monde réel, toute la planète marche au pas de la modernité technologique et scientifique initiée en Occident.

Pour ceux qui souhaiteraient creuser la question, Joseph Needam, biochimiste et sinologue, a compilé une monumentale « Science et civilisation en Chine » qui relate l’histoire des sciences dans l’empire du milieu (lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Needham)

D’autres réflexions ont nourri la création du monde de Brume, comme le très beau et très riche dialogue entre l’astrophysicien Trinh Xuan Thuan et le moine bouddhiste Matthieu Ricard, dans leur livre « L’Infini dans la paume de la main ».

Après, ce n’est qu’un contexte…

Mes personnages sont juste humains, quel que soit l’univers dans lequel ils évoluent, et quelle que soit leur culture.

QUERBALEC_Les Chants de Nuying_

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bio

Après un passage convenu en prépa littéraire, j’ai étudié la photographie, les langues orientales et l’histoire de l’art, avant d’exercer divers métiers qui n’ont pour seule vocation que de nourrir ma passion pour le voyage. Je suis revenue à l’écriture après bien des détours et des chemins de traverse. Encore un moyen, pour moi, d’explorer les territoires de nos émotions et de nos rêves. La mémoire, la transmission, la culture et l’identité, le rapport à l’autre et à la nature sont autant de thèmes que j’explore à travers le prisme de la science-fiction.
 
Mon roman Quitter les monts d’Automne (septembre 2020, Albin Michel), a reçu le prix Rosny Aîné et a été nominé au Grand Prix de l’Imaginaire et au prix Utopiales.
 
Je suis aussi l’autrice d’une trentaine de nouvelles, dont « Pour une simple étincelle d’amour », 3ème prix au concours Visions du Futur 2016 et « La cloche, hasta siempre ! », 1er prix au concours Visions du Futur 2018.