Le Géant enfoui, de Kazuo Ishiguro

Ce roman est ma première lecture de Kazuo Ishiguro, prix Nobel de littérature 2017. J’avais vu l’adaptation cinématographique des « Vestiges du jour » à sa sortie dans les salles, et je m’attendais retrouver une ambiance relativement similaire. Hé bien, pas vraiment.

 

Dans un pays de bruyère balayé par le souffle de la dragonne Querig, Axl et Béatrice entreprennent un long voyage qui doit les mener au village où vit leur fils bien-aimé. La région a été pacifiée après une ultime guerre opposant Saxons et Bretons, au prix d’un bain de sang terrible perpétré par les armées du roi Arthur. La mémoire de ces crimes s’est cependant évanouie dans la brume d’oubli qui plane sur les esprits et les lieux, tout comme s’estompent les souvenirs chéris du vieux couple.

 

La vengeance couve dans ce monde tissé de mythologie et de magie. De vieilles femmes vêtues de hardes noires hantent la lande désolée et des elfes enchantent les voyageurs perdus sur les berges de la rivière. Wistan, guerrier saxon envoyé par son roi, poursuit une mystérieuse mission. Les moines d’un monastère isolé nourrissent de sombres desseins….

 

L’écriture est belle, évoquant avec force mais aussi beaucoup de délicatesse les enjeux de ce voyage fantasmagorique. Tout est suggéré, et c’est sans doute ce qui donne à l’histoire tout son impact émotionnel. Il faut dire aussi que l’auteur nous transporte avec une grande maîtrise jusqu’au point culminant de la quête d’Axl et Béatrice, et la fin est de celles qui résonnent longtemps en nous après qu’on ait refermé le livre.

 

J’ai lu Le Géant enfoui, de Kazuo Ishiguro, dans sa version des Éditions des deux terres. On le trouve maintenant en Folio Poche, chez Gallimard, avec une autre couverture, tout aussi belle et sans doute plus fidèle à l’esprit du roman.

 

À lire aussi, sur des thématiques qui relèvent à mon sens de la SF : Auprès de moi toujours, et, traduction sortie récemment, Klara et le soleil.

Couverture de livre Le Géant enfoui, de Kazuo Ishiguro
Couv du Géant Enfoui, prix Nobel de Littérature 2017

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bio

Après un passage convenu en prépa littéraire, j’ai étudié la photographie, les langues orientales et l’histoire de l’art, avant d’exercer divers métiers qui n’ont pour seule vocation que de nourrir ma passion pour le voyage. Je suis revenue à l’écriture après bien des détours et des chemins de traverse. Encore un moyen, pour moi, d’explorer les territoires de nos émotions et de nos rêves. La mémoire, la transmission, la culture et l’identité, le rapport à l’autre et à la nature sont autant de thèmes que j’explore à travers le prisme de la science-fiction.
 
Mon roman Quitter les monts d’Automne (septembre 2020, Albin Michel), a reçu le prix Rosny Aîné et a été nominé au Grand Prix de l’Imaginaire et au prix Utopiales.
 
Je suis aussi l’autrice d’une trentaine de nouvelles, dont « Pour une simple étincelle d’amour », 3ème prix au concours Visions du Futur 2016 et « La cloche, hasta siempre ! », 1er prix au concours Visions du Futur 2018.